Biographie

Ingénieur de son et compositeur, Dominique Bassal étudie la musique électroacoustique à une époque où celle-ci est à la fine pointe de la technique audio. Lancé en production commerciale en tant qu’arrangeur, réalisateur et gestionnaire de studio, il transpose les méthodes de l’avant-garde vers l’univers alors frileux et étriqué de la pop.

Mais à partir du milieu des années 1980, c’est l’industrie musicale qui passe au premier rang dans l’assimilation des avancées technologiques.

Lorsqu’il retourne à l’électroacoustique, en 2001, il se retrouve en position de retransmettre les savoirs et les techniques de l’industrie vers une pratique anémiée par le sous-financement et l’isolation académique. Il est, depuis, connu au sein de la communauté électroacoustique internationale pour son engagement passionné en faveur d’une professionnalisation de la production électroacoustique. Son document introductif, « La pratique du mastering en électroacoustique », complété par un prolongement multimedia, « Mastering en électroacoustique : un état des lieux » (eContact! 9.3), sont uniques en ce sens. Depuis 2004, il est ingénieur de mastering d’empreintes DIGITALes, dont il a masterisé une partie substancielle des productions CD et DVD-A. Des séminaires présentant ses recherches ont été donnés un peu partout au Canada et à la City University (Londres).

Sa musique est le fruit de deux démarches distinctes. L’une est de nature qualitative et l’autre procède de l’esthétique. Au plan qualitatif, son projet est de soumettre la création et l’agencement des matériaux sonores à des normes de production héritées de son expérience en réalisation audio et en mastering. Une partie de ces normes est « orientée-production » et vise à obtenir une sensation générale de confort auditif : richesse du contenu spectral, intégrité des transitoires, spatialité équilibrée et surtout transparence des plans sans concessions au niveau de la densité. L’autre partie est « orientée-réception » et tourne autour du concept de dynamisme narratif : vocabulaire visuellement évocateur, débarassé du diktat conceptuel, recours conscient au spectaculaire et au fascinant, maintien de l’intérêt de l’auditeur, dosage entre les déroulements confortables et les éléments de surprise, etc.

La partie esthétique de sa démarche est basée sur des ambiances polyphoniques, agencement d’espaces intenses, parfois froids et implacables, parfois tendus et angoissants, parfois étranges et foisonnants. Et pas le moindre compromis au niveau du contenu : pas de message de sérénité ou de résignation, on ne chantera ici la gloire d’aucun pouvoir concret ou « spirituel », et on n’édulcorera jamais la description d’un monde dont le cynisme et la cruauté semblent de règle sur toute l’étendue du cosmos.

Lauréat du concours Jeu de Temps / Times Play (JTTP) en 2002, il est membre du jury du même événement depuis 2003. Ses pièces ont été diffusées à maintes occasions : plus récemment lors de la série de concerts ÉuCuE, à l’université Concordia, et au Festival di interpretazione della musica acusmatica, à Cagliari.